LDR ou rollkur ?

Souvent involontairement confondu par des gens mal informés ou qui peuvent manquer de coup d'oeil et parfois aussi probablement, volontairement par d'autres pour des raisons plus politiques ou de mauvaise foi, le "rollkur", ou hyperflexion est une attitude extrême du "LDR"(low deep and round) au même titre que l'équitation dite "de légèreté" telle que pratiquée ici  (Equitation " de légèreté )  peut être perçue comme une exagération, un extrême de l'équitation dite "classique".

Comme dans toutes choses, l'extrême abouti souvent au contraire de l'effet recherché à l'origine.

Dans l'équitation classique par exemple, l'équilibre recherché par engagement de l'arrière main et abaissement des hanches, est obtenu principalement par les jambes et l'assiette du cavalier, sur une main "moëlleuse" qui reçoit et filtre l'énergie, aboutissant à une attitude "soutenue" dite aussi de présentation, le garrot étant remonté, alors qu'à l'extrême, chercher l'attitude haute par des actions de main qui relèvent la nuque du cheval aboutira le plus souvent à un dos creux et un garrot effondré.

De même, dans le LDR c'est la décontraction de toute la ligne du dessus qui est recherchée, par l'activité des postérieurs et le relâchement des 2 extrémités de l'encolure (base du garrot et nuque) ce qui aura pour effet d'obtenir un étirement de la ligne du dessus obtenu par un effet de l'arrière vers l'avant sur une main "moëlleuse" qui reçoit et filtre l'énergie, laissant "tomber la base d'encolure" tandis que la contraction des muscles  abdominaux induit le soutien du garrot. A l'inverse, chercher la même attitude en "coinçant" le cheval par une main dure ou qui agit vers l'arrière, aboutira le plus souvent à des contractions  et un cheval figé.

Pour mieux distinguer l'un et l'autre, il faut comprendre à quel moment et dans quelles conditions est demandé le LDR . 

Le LDR peut être demandé pour diverses fonctions

- En échauffement, avant un travail en attitude plus soutenue et à nouveau entre les phases en attitude plus haute pour relâcher.

-  En attitude de travail de base pour développer la musculature du dos en effectuant alors des périodes ou le cheval est plus court ou plus long dans le ldr

- Pour travailler certains mouvements où le cheval a tendance à se contracter et se creuser, et lui apprendre à "protéger" son dos et se relâcher.

 

Ce n'est en aucun cas une attitude de présentation. Les cavaliers qui travaillent de cette façon en détente ou pour résoudre des problèmes précis remettent les chevaux "à niveau" à chaque séance. Cette attitude plus soutenue n'est alors pas incompatible avec l'obtention de la même attitude de présentation qu'une attitude dite "classique".

 

Il faut également comprendre, qu'à ma connaissance au moins, les gens qui enseignent le LDR ne demandent jamais à un cavalier : "d'enfermer" un cheval, de le tenir avec la main, de "l'encapuchonner" ou autres termes que l'on entend souvent. 

D'ailleurs un cavalier qui désire découvrir cette technique n'obtiendra certainement pas la sensation qu'il voudrait ressentir correspondant au visuel caractéristique du ldr en une séance. On n'oblige pas le cheval à adopter cette attitude, on l'y invite, on lui propose de se relâcher, et on le laisse descendre alors vers l'attitude qu'il trouve confortable. S'il est dans un rythme lent et allonge son cadre au dessus comme en dessous il mettra le nez par terre avec un angle tête encolure assez ouvert, si le rythme est rapide avec flexion des postérieurs et en équilibre plutôt horizontal il sera en ldr. Dans ce cas son garrot sera soutenu.

On l'obtient lorsque le cheval a acquis une souplesse et une mobilité du dos suffisantes et uniquement si sa morphologie s'y prête. La majorité des pur sang par exemple, lorsque leur encolure est greffée un peu vers le haut et à l'envers, voir avec un coup de hâche, atteindront leur relâchement optimum lorsque leur encolure sera juste horizontale avec une nuque décontractée ce qui entraine un chanfrein perpendiculaire au sol.

Et c'est bien cette décontraction de la nuque qui est la clé de ce travail. Quelques unes des consignes que vous pourrez entendre seront : fait céder, cède, relaxe tes bras, active les postérieurs, transitionne souvent, laisse bouger tout le dos, ne fait plus rien, ne fait rien que tu n'aies pas choisi, la rondeur doit venir de derrière, n'avance pas avec le frein à main...

En effet, la clé de la réussite est dans le fait d'avoir des demandes très précises, ponctuelles, progressives dans leur intensité, un timing très précis pour céder.

En résumé, le cavalier doit "checker" en permanence ces divers paramètres :

- Les postérieurs du cheval ont un rythme rapide et symétrique.

- Le cheval maintient sa vitesse et son rythme en autonomie.

- Lorsque le cavalier touche le cheval avec ses jambes il augmente son activité immédiatement.

- Lorsque le cavalier agit avec ses mains le cheval freine et/ou relâche son angle tête encolure (selon l'action).

- Les mains et les jambes agissent de façon séparées, le cheval n'écoutera de toute façon qu'une aide à la fois.

- Le cavalier peut faire une rupture de contact sans que le cheval accélère ou s'ouvre.

- Le cheval se déplie et suit le mors si le cavalier rallonge progressivement ses rênes.

- Le cheval est droit, le garrot n'est pas décalé par une action de main volontaire ou non.

 

Personnellement je préfère au début de l'apprentissage que les cavaliers ne cherchent pas à "garder" le contact, parce que souvent ils ne comprennent pas  que le cheval a besoin de se déplier pour s'arrondir, et qu'il faut qu'ils laissent passer le mouvement. Si le cavalier cède réellement même si c'est un peu exagéré au début, le cheval comprendra rapidement que lorsqu'il se porte en avant il n'y a pas de gêne de la main et il osera se servir de son dos. Le cheval apprend également ainsi que lorsque le cavalier "touche" à sa bouche c'est avec une intention précise et qu'il rendra les rênes sitôt la bonne réponse donnée. Dans une seconde phase, ils inviteront le cheval, avec leurs jambes, à rejoindre leurs mains et c'est alors que le cheval fonctionnera réellement d'arrière en avant dans un contact moëlleux sur une liaison constante et élastique, telle qu'on peut la voir chez les bons cavaliers. 

Le LDR pratiqué dans ces conditions ne me gêne pas du tout. Il permet de préserver le dos des chevaux et on voit souvent dès la première séance, une amélioration de l'élasticité des foulées, un peu comme si on avait "huilé" toutes les articulations, résultant du fait que le dos se libère dans une bonne propulsion. Le fonctionnement du cheval devient alors tout à coup très cohérent, comme facilité. La majorité des chevaux froids aux jambes se libèrent et avancent mieux, les chevaux qui précipitent trouvent un meilleur rythme avec plus d'amplitude, les chevaux regardants ou très "chauds" sont plus relaxés, confiants, les chevaux sont disponibles et attentifs.

        Edward Gal en Provence : la démonstration (lien vidéo)

 

exemple remarquable de LDR (photo Cathy Paul)   Edward Gal en Provence : la démonstration

 

Comme d'habitude, j'ai un problème pour insérer les photos dans un article du blog, je préparerai donc dès que possible une vidéo regroupant des photos et des vidéos sur le sujet (mais j'ai plusieurs vidéos en cours donc un peu de patience mais si c'est possible je mettrais en lien ici une 1ère ébauche rapidement, vous pouvez m'envoyer à cet effet des photos de ldr, de rollkur, de chevaux à niveau justes et de chevaux à niveau creux...).

 

Pour différencier le LDR du rollkur, il faut avoir le coup d'oeil, notamment pour différencier si la rondeur est crée par l'activité de l'arrière main avec un dos souple et si le cheval s'arrondit parce qu'il met lui même son encolure ainsi, ou si le cavalier comprime l'encolure en tirant la tête vers lui et maintient son cheval dans cette position de force. Vous avez souvent des indices dans la relaxation des bras du cavalier ou non, dans la place de ses mains, à la forme de l'encolure du cheval, qui gonfle jusqu'à sa base dans le ldr .

Attention, bien que je montre également du ldr et du rollkur en photo, ce support n'est souvent pas fidèle à la réalité, car une photo prise à un certain moment de la foulée d'un cheval peut donner une image éloignée de ce que l'on verrai en mouvement. (je prépare d'ailleurs une vidéo qui évoque ce sujet).


    

Rollkur  :  lien vidéo  ( Rollkur )