Compte rendu de séminaire 1

J'ai participé à un séminaire scientifique sur la biomécanique du cheval à Amsterdam. Une partie de ce séminaire était consacré au rein tension device, avec un sujet très pointu : peut on déceler une boiterie ou un problème de dos grace aux tracés du tensiomètre ( qui mesure la tension entre la bouche du cheval et la main du cavalier). Les auditeurs étaient des vétérinaires et des cavaliers. L'autre partie confrontait la théorie équestre au regard de la science. Je pense que dans les années à venir, la technique, parfois encore basée sur des connaissances du XVII ème siècle voir même antérieures, évoluera au regard de la science. Certaines certitudes seront confirmées, d'autres réfutées.

Le cheval a été pendant longtemps un des animaux les plus méconnus scientifiquement. Le zèbre par exemple, a été bien plus observé que le cheval, qui, si proche de nous, si familier, ne semblait pas nécéssiter une meilleure connaissance. Vous pouvez trouver toutes ces recherches et leur chronologie sur les "sens" et les capacités intellectuelles du cheval, dans le très bon livre "l'esprit du cheval de Michel Antoine Leblanc".

De nombreuses équipes à travers le monde cherchent actuellement à combler ces lacunes, et travaillent sur les différentes facettes du cheval, y compris sur les fondements et les impacts des différentes méthodes techniques.

Je vous ferai ici un résumé des interventions qui m'ont le plus intéressée.

Dr Hilary Clayton, spécialiste mondiale de la biomécanique depuis 17 ans, elle a écrit 7 livres et publié plus de 250 articles scientifiques. Elle est monté à haut niveau dans plusieurs disciplines, dont le dressage.

Son but actuel est de confronter les différentes techniques d'entrainement aux études scientifiques. Elle a réalisé recemment plusieurs études avec le tensiomètre, notamment en vue de vérifier si la tension des rênes est constante ou non dans les allures sans balancier, la façon dont se comporte le contact en longe selon la longueur des rênes et la matière des rênes...

Elle a déterminé que même au trot, la tension est soumise à des "pics" dont le maximum est juste après le posé du diagonal. Le creux de la courbe est pendant la projection. Au galop également, lorsque le cheval pose le diagonal son corps descend et le pic est maximum, pendant la projection la tension est minimale. La gravité fait descendre la tête et l'encolure du cheval après le poser. Ces diagrammes précis en étant étudiés en longe enrêné, ce qui enlève le facteur gêne du cavalier, permettent de déceler des anomalies de pics ou de creux, des incohérences que pourraient lire un vétérinaire formé à cet instrument.

Lorsque les rênes sont élastiques, le tracé du tensiomètre a moins d'amplitude. Le maximum est moins haut mais le minimum est plus haut. Le cheval se "colle " légèrement.

Si les rênes sont plus longues la tension maximale est moins haute et la tension minimale passe souvent à 0.

Cette étude, peu parlante sans ses tracés, servira cependant à établir de précieux "étalons" qui nous permettrons petit à petit de déceler les tracés normaux et ceux qui sont à améliorer, ou ceux qui relèvent de la pathologie.

Les mesures prises monté, avec des cavalier de bon niveau en dressage, ont montré un contact minimal constant d'environ 500g au trot. Pour ceux qui ont eu l'occasion de tester mon tensiomètre, vous avez pu sentir comme c'est peu, et comme notre sensation peut être trompeuse. Avec cet instrument de mesure, nous pouvons comparer nos sensations avec la réalité chiffrée. Les pics maximums ont été de 4,3kg au pas en longe enrêné, 5,1 au trot, 10,3 au galop.