Quelques éléments de biomécanique

Pour comprendre les fondements de telle ou telle technique équestre, pour choisir celle que l'on trouve la plus adaptée, il est bon de confronter la théorie aux connaissances scientifiques actuelles. Voici donc quelques éléments simples de biomécanique. Ils sont issus de divers livres, dont "équine biomechanics for riders" de Karin Blignault, "et "the Dynamic Horse A Biomechanical Guide to Equine Movement and Performance" de Hillary Clayton...

 

Différents types de mouvements  

Les mouvements du corps sont régis par un système de schémas biomécaniques qui font que lorsqu'une partie du corps bouge, cela peut avoir des répercussions sur le corps en entier. Quelques-uns de ces mouvements automatiques sont déterminés avant la naissance.  Ces mouvements, régis par le cerveau comprennent les allures de base, les schémas de flexion, extension, la flexion latérale… Durant sa vie, le cheval peut développer de nouveaux schémas locomoteurs qu'il apprend par sa propre expérience ou par le dressage. La cession à la jambe par exemple met en jeu des schémas locomoteurs automatiques alors que l'appuyer implique l'intégration de nouveaux schémas.


Le schéma de flexion

C'est le schéma locomoteur qui permet la mise en main. Il commence par une flexion de la tête sur l'encolure, suivi par la contraction de la ligne du dessous et l'engagement des postérieurs.  Il peut également commencer par la flexion des hanches, mais le schéma de flexion est dans ce cas moins automatique du fait de l'extrême élasticité du ligament nuchal. Quand le cheval arrondit son encolure, les fléchisseurs de l'encolure se contractent suivis par une contraction des abdominaux, puis par une flexion des hanches et de l'articulation fémoro-tibiale, flexion des jarrets puis des boulets. Globalement la longueur de la ligne du dessous se réduit tandis que la ligne du dessus s'étire. La rigidité de l'encolure inhibe le schéma de flexion.  C’est-à-dire que dès que l'encolure est contractée, le cheval n'est plus en schéma de flexion global et cohérent.

 

 

Le schéma d'extension

C'est le mouvement qui creuse la ligne du dessus. Il commence par l'ouverture de l'angle tête encolure, qui est suivi par la contraction de toute la ligne du dessus et l'extension de la hanche, de l'articulation fémoro-tibiale et du boulet. Les muscles de la ligne du dessus travaillent de façon congénère, c’est-à-dire qu'ils participent à la même action. La recherche a démontré que le schéma d'extension limitait la mobilité du dos.

 

                                                 

 

Un cheval peut fléchir son bassin et engager les postérieurs alors que son angle tête et encolure est ouvert, mais il ne s'agit pas là d'un schéma de flexion global et la région du garrot notamment pourra être en schéma d'extension.

                                                             

 

Attention ! Un cheval peut apparaitre visuellement en schéma d'extension et fonctionner en réalité en flexion ou au contraire apparaitre en flexion et avoir démarré un schéma d'extension.

Un cheval est en schéma biomécanique d'extension dès qu'il entame une ouverture angle tête/encolure. Pour la même attitude visuelle, le cheval sera en schéma de flexion s'il est en train de refermer son angle tête encolure, ou,  a "envie" de le faire, ou en schéma d'extension à la fraction de seconde à laquelle il a commencé à se durcir pour "s'ouvrir" ou à résister contre la main de son cavalier.

De même, si le cheval est maintenu "de force" dans une position de flexion, il fonctionne musculairement dans un schéma d'extension.

Le cheval est en schéma de flexion dès qu'il entame celle ci , c'est à dire dès qu'il a envie de s'arrondir.

Le cavalier ou l'observateur non avertis peuvent être facilement induits en erreur par la position de l'encolure et la fermeture de l'angle tête encolure.

Il existe des observables visuels simples pour vérifier si le cheval est ou non dans un schéma d'extension ou de flexion pour une attitude donnée, un des principaux c'est d'observer le muscle du dessous de l'encolure. Si le muscle brachio céphalique est relâché, il n'est pas gonflé.   

                                                            

 

 

                                                                            

   Si ce muscle est contracté, on peut observer un épaississement de cette zone qui peut aller jusqu'à la "gorge de pigeon".  Le schéma de flexion n'est pas total. D'autres précisions et d'autres indices à partir de 1mn 20 dans la vidéo du lien ci dessous.

                                                                     

 

Le physiologiste partie 2

 

 

Le schéma de flexion Latérale

 

 

 


 

 

 

Quand nous demandons au cheval de bouger sa tête et incurver son encolure latéralement, les muscles du côté ployé se contractent. Cette contraction est suivie par une inclinaison de la cage thoracique du côté opposé. Ce schéma s'accompagne souvent d'une abduction (vers l'extérieur) de l'antérieur intérieur, et d'une adduction (en dedans) des membres extérieurs.

 

Pour maintenir son équilibre, dans ce shéma locomoteur à l'arrêt, le cheval généralement augmente le poids sur son antérieur intérieur et sur postérieur extérieur.

 

Dans la cession à la jambe et l'épaule en dedans, le cheval mets d'avantage de poids sur ses membres extérieurs. Dans l'appuyer et la pirouette, le cheval doit apprendre à contrôler son équilibre d'une façon qui n'est pas naturelle pour lui.

 

Quand le cheval contracte en même temps ses muscles fléchisseurs et ses muscles extenseurs, ou les 2 côtés de son encolure, l'encolure, puis le dos deviennent rigides.

 

Lorsque le dos devient rigide, les postérieurs ne suivent plus la trace des antérieurs sur le cercle. On dit parfois que le cheval n'est pas assez droit (référence à la rectitude) mais en réalité le cheval est "trop droit" . Le schéma de flexion latérale ne peut être atteint que si le cheval est capable de rester relâché.

 

 

 

En application pratique, si la flexion est demandée par le cavalier par une traction constante sur la rêne, les muscles de la partie extérieure de l'encolure se contracteront et la rigidité générale entrainée par cette contraction feront déraper les hanches et perdre le contrôle des épaules. L'incurvation ne sera plus possible.

 

La flexion doit être demandée par une action très progressive, destinée à demander au cheval une flexion volontaire, et le cavalier doit céder dès que le cheval cède à cette action. Plus le dosage de l'action sera pertinent (voir leçons avec Andy Booth) et le timing précis, plus le cheval se relâchera sur une fine sollicitation.

 

De plus, le cavalier ne peut pas littéralement "tenir" les hanches de son cheval sur le cercle. Si le cheval est tonique et relâché, et qu'aucune rêne ne tire pour modifier son équilibre latéral, le cheval est dans la rectitude.

 

La rectitude provient d'avantage de la décontraction de toute la ligne du dessus et d'une propulsion régulière et symétrique car non entravée par une aide gênante quelconque (poids du corps mal placé, mains qui pousse ou tire, jambe qui tient ou décale) que du fait de vouloir "tenir" son cheval entre des aides fixes.

 

Plus le cheval est rendu autonome dans ses déplacements, le cavalier rectifiant ses erreurs et cédant aussitôt, plus l'alchimie décontraction + propulsion filtrée entre les 2 rênes symétriques permettra d'obtenir la rectitude.

 

 

 

En résumé

 

Les parties du corps du cheval ne sont pas naturellement indépendantes les unes des autres.

 

Lorsque le cavalier agit sur une ou l'autre parties de son cheval, celà affecte d'autres parties du corps sans que le cavalier l'ait forcément voulu.

 

Il est important de pouvoir choisir ce que l'on considère utile dans les schémas globaux, c'est à dire de préserver un fonctionnement global de la ligne du dessus qui ne doit pas se casser au garrot quand on freine par exemple, ou l'encolure qui ne doit pas se dissocier du reste du fonctionnement lorsqu'on veut la déplier grâce à la propulsion.

On doit également pouvoir choisir de dissocier cette même encolure pour conserver la relaxation de tout le corps et ne pas avoir de problèmes de rectitude dans un appuyer par exemple (cf vidéo sur la préparation à l'épaule en dedans qui est aussi la préparation à l'appuyer).

 

Lydie.k

 

 

 

 

 

 

 

J'ai été obligée de supprimer toutes les illustrations qui,  pour une raison inconnue font "beuguer" l'article entier. Je traiterai donc à nouveau ce sujet sous forme de vidéo pour compléter les informations...