Isabelle Werth - Les bases -

 

J'ai choisi pour ne pas faire un sujet trop long de ne parler que des principes de base d'Isabell Werth. La façon de monter chaque figure pourra être traitée dans un autre sujet.


Comme je l'ai expliqué à la fin de la vidéo,j'ai écrit ce sujet en faisant une synthèse de ce qu'Isabell Werth a dit lors du global dressage forum de 2013. Elle était en effet l'invitée d'honneur de ce forum annuel international. Son intervention s'est déroulée en plusieurs parties : la partie enseignement où elle a fait travailler 2 de ses élèves, la partie "clinic" où elle montait Don Johnson en commentant ce qu'elle faisait, l'interview et le forum de questions. J'ai recoupé mes notes avec diverses sources, des interviews et ce qu'elle préconise dans son dvd qui explique le travail de différents chevaux de 4 ans au grand prix. Les images proviennent de concours, de reportages du magazine "St Georges" et quelques extraits du dvd dont j'ai parlé.

Il a difficile pour moi d'ordonner mes notes, de choisir un plan de vidéo précis. En effet, j'ai eu la sensation qu'Isabell Werth parlait des problèmes que l'on pouvait rencontrer au fur et à mesure qu'ils se posaient, mais qu'elle n'exposait pas réellement une "méthode" de travail. Elle doit avoir une telle maitrise de la technique, qu'elle fait les choses de façon inconsciente, spontanée, sans avoir à y réfléchir, et du coup ne ressent pas vraiment l'intéret de nous expliquer le B.A. BA. C'est assez souvent le cas des cavaliers talentueux et doués, qui savent faire mieux que personne, mais ne peuvent pas toujours expliquer ce qui les rend si efficaces par rapport à quelqu'un d'autre. De fait, lorsqu'elle a monté Don Johnson, j'ai surtout remarqué qu'elle nous donnait des informations sur les moments où elle sentait qu'il fallait surveiller le rythme, l'équilibre ou un autre paramètre, et elle réglait beaucoup de problèmes de façon vocale, à l'aide de bruits : appels de langue, hohoho, bouhouhou... et autres choses pas faciles à utiliser dans mon enseignement ; )

Elle a insisté lorsqu'un cheval commençait un peu "frais" sur le fait qu'elle le laissait s'exprimer, lui demandait de bouger vers l'avant, et améliorait le contrôle par des transitions petit à petit, de préférence dans le galop. Elle a d'ailleurs expliqué qu'elle préférait le mot "contrôle" au mot "soumission".

Lorsque l'on rencontre une tension, cela signifie que le cheval se retient. Il faut alors chercher à "ouvrir" son corps et son dos en utilisant des transitions dans l'allure et éventuellement une flexion interne puis se relâcher. Les transitions vont également améliorer la capacité du cheval à se porter de lui même le "self carriage", mais se porter sans se retenir, ni se contracter. Quand on parle de chercher l'engagement, on doit penser à l'engagement physique aussi bien que moral du cheval. On veut que le cheval se serve de tout son corps et non pas que de ses jambes.

Le cheval doit "sauter" dans les rênes en travaillant de derrière vers devant, et le cavalier cherche à établir un contact constant, positif, et à obtenir une encolure tranquille. Si par moments le cheval est contre la main, il est important de garder le mouvement de derrière vers devant et sa réaction aux aides. En cas de difficulté on revient vers les bases.

L'épaule en dedans est une part importante du dressage pour améliorer le contact.

Quand une figure démarre mal, à l'entrainement, il vaut mieux ne pas continuer le mouvement, revenir aux "basiques" puis reprendre.

Il n'y a pas une seule solution, il faut chercher le meilleur chemin pour monter chacun.

Isabell Werth a expliqué également qu'elle travaillait depuis 2 ans avec l'espagnol José Garcia Mena pour l'apprentissage du piaffer. Elle a dit qu'elle s'était tournée vers l'extérieur, qu'elle voulait explorer de nouvelles idées. C'est un trait commun à tous les cavaliers de très haut niveau que je connais, cette ouverture d'esprit, cette faculté à chercher des solutions différentes qui leur permet de toujours évoluer. C'est ce que je trouve formidable. Le monde du cheval est tellement vaste, les choses à apprendre des uns et des autres tellement nombreuses qu'il faudrait y passer plusieurs vies. C'est aussi ça que j'aime dans ma passion, dans mon métier...

Lydie.k