Juan Manuel Munoz Diaz points clés du stage

J'ai découvert l'existence de Juan Manuel Munoz Diaz comme beaucoup de personnes lors de sa fantastique reprise en musique aux jeux équestres mondiaux de Lexington en 2010. A ce moment, je suivais les jeux avec un intérêt particulier puisque mes 2 idoles y participaient : Edward Gal avec Totilas, et Imke Bartels avec Sunrise (je montais déjà à l'académie Bartels)...

                                                                                                               

 

Lors du grand prix, j'ai été surprise par la très haute note obtenue par ce cavalier, parce que mon oeil basique n'avait accroché que sur la différence de rythme naturel existant entre Totilas par exemple et Fuego, que je trouvais du coup précipité et avec une amplitude moindre. Comme je suis toujours curieuse de comprendre pourquoi mon point de vue pourrait être différent, j'ai repassé la reprise sortie de son contexte, c'est à dire en la regardant isolément, pas en direct, et donc sans cheval de comparaison juste avant, et je me suis rendue compte de mon erreur.

Les qualités techniques du couple étaient évidentes. Les juges avaient su ne pas comparer mais uniquement juger la prestation, en tenant compte des critères, et ils avaient totalement raison. La reprise était dynamique, fluide, avec de l'équilibre, des aides fines... J'ai donc regardé la reprise en musique avec un autre oeil et fait partie des centaines de milliers de gens qui ont eu la larme à l'oeil ce jour là (impossible de la revoir sans revivre cette émotion).

Très peu de temps après, Juan Manuel Munoz Diaz était invité au global dressage forum à l'académie Bartels, j'y étais bien sûr, et j'ai découvert un grand cavalier très abordable, simple, souriant, facile d'accès (comme souvent les très grands). Une idée a alors commencé à germer dans mon esprit, travailler avec lui en complément de mon entrainement en Hollande. Pouvoir bénéficier du regard et des techniques d'un des meilleurs du nord de l'Europe et d'un des meilleurs du sud de l'Europe, afin d'avoir un regard plus ouvert, moins spécialisé, et de ne pas renouvellermon erreur de coup d'oeil lors de la première épreuve de Lexington.

De retour en France j'ai donc envoyé un mail, puis un second, puis un troisième... Toujours sans réponse...J'ai réessayé un an après, puis encore une autre année, et l'idée est restée stockée, pas abandonnée, mais il y a tellement de choses à faire qui demandent du temps et de l'énergie que je n'ai pas fait aboutir celle là.

Mais l'idée est retée embusquée et revenait régulièrement dans ma tête, jusqu'à ce que Marie Claire Charlois me fasse part de son rêve de travailler avec lui. C'est bien connu, à plusieurs on est plus forts, et c'est donc avec un dynamisme et une énergie nouvelle (facilitée par le fait que Marie Claire parle Espagnol) que nous avons réussi enfin à obtenir une date et organiser ce stage de 4 jours cet été.

Si je me doutais qu'au niveau contact humain le stage serait formidable, je ne peux pas dire que je n'avais pas d'inquiétudes au niveau technique.

Plus je travaille avec des entraineurs "pointus", plus je deviens exigeante sur la précision du coup d'oeil, la qualité des remarques et le degré d'exigences. Et moins je suis prête (même si j'ai l'esprit ouvert) à entendre et exécuter des choses qui ne rentrent pas dans les certitudes que j'ai sur le fonctionnement biomécanique de base et certains principes de travail. qu'est ce qui aurait pu me bloquer ? Un travail avec des chevaux trop hauts ou ouverts, une demande de légèreté au détriment de la connexion, une perte de rythme sous pretexte de cadence, des phases de travail trop exigeantes pour le cheval, une position contre le mouvement en avant (trop en arrière par exemple...).

Je n'ai pas eu à me poser ces questions. Le fonctionnement de base souhaité par Juan Manuel Munoz Diaz est tout à fait celui que je recherche moi même.

Quels sont les points communs avec ce que je peux entendre en Hollande ? 

L'importance du rythme et de l'activité, la flexibilité du cheval, la demande de rondeur si le cheval n'est plus assez "through the back" , le dos en place, mais cette idée de "à travers" j'ai du mal à la traduire en Français, le respect absolu du moral et du bien être du cheval, c'est bien le cheval et non le cavalier qui est au centre des attentions, la qualité de la connexion bien sûr, les transitions dans l'allure fréquentes... J'en oublie peut être

Quelles sont les différences ?

Les aides diagonales (les Hollandais sont 2 mains 2 jambes égales), le souci permanent d'être en légère épaule devant, l'usage de la cravache de dressage en complément de la jambe pour activer les postérieurs (extrêmement rare en Hollande), un système différent pour les appuyers par exemple, plus classique, (moins de pli dans l'encolure et les épaules plus en avant), le travail à pied pour le piaffer bien sûr, les jambes au contact...

En résumé, les différences ne sont pas si importantes, si ce n'est le système d'aides diagonal ou pas qui est fondamental, et le fait de continuer à travailler avec les 2 me permettra de ne pas me spécialiser dans une solution ou une autre.

Juan Manuel Munoz Diaz est plus exigeant sur la place des épaules et la légèreté du contact.

Les Bartels sont plus exigeants sur la réponse inconditionnelle aux jambes à la plus petite action et la force propulsive.

Continuer à travailler avec les 2 ouvrira mon horizon et me donnera plus de solutions sans me faire renoncer à de bonnes sensations.

ThinK dressage Lydie K