Utilisation et dosage des aides chez Edward Gal

Durant le CDIW d' Equita Lyon fin octobre 2013, j'ai filmé divers cavaliers en gros plan afin de mettre en évidence différentes utilisations de l'assiette et des jambes.

J'ai choisi notamment de consacrer un sujet complet à l'utilisation des aides d'Edward Gal, car c'est celui qui illustre le mieux ce que j'apprends à l'académie Bartels, et j'ai pu vérifier lors de ces clinics et du stage en Provence que c'étaient également bien les mêmes consignes et points clés que ceux que j'entends habituellement en Hollande.

La qualité des images est souvent malheureusement floue et instable car j'utilise une petite caméra, et je perds beaucoup de stabilité en utilisant le zoom, de plus, je n'avais pas de pied.

L'intérêt de ce sujet est double .

1 - Montrer et expliquer la méthode Hollandaise telle que l'enseigne l'académie Bartels par exemple.

2 - Susciter une réflexion pouvant aboutir à une remise en cause sur ce que notre oeil a l'habitude de voir.

 

1 - Ceux qui travaillent avec moi en ont l'habitude, choisir de monter en adoptant les principes de l'académie Bartels demande de la réflexion et de la concentration. En effet, rien, aucune aide ne doit être appliquée de façon involontaire, réflexe, ou sans en choisir précisement le dosage.

Cette méthode est un système global, que certaines personnes ramènent parfois de façon restrictive à une attitude, alors qu'elle est un tout cohérent, indépendant de toute la gamme d'attitudes différentes que l'on peut obtenir en variant le travail de son cheval.

C'est un système qui prend en compte le fonctionnement psychologique du cheval ( mon cavalier utilise une aide à la fois, je comprends donc facilement ce stimulus et dès que j'y réponds le cavalier cède ) , comme le fonctionnement biomécanique ( le cheval bouge librement dans le cadre que donne le cavalier, il n'est pas tenu ou bloqué et peut s'exprimer physiquement tant qu'il reste entre les 2 aides ).

Les principes de base les plus importants sont donc :

- N'utiliser qu'une aide à la fois, mains sans jambes, jambes sans mains...

- Progressivité des aides, appliquer en premier la plus petite sollicitation et durcir l'aide si le cheval n'y répond pas.

- Timing, céder immédiatement en relâchant l'aide aussitôt que le cheval obéit, c'est ce qui lui permet d'apprendre que c'était la réponse obtenue, le cheval n'apprend pas lors de la pression mais lorsque la sollicitation cesse.

- Conséquence, utiliser des aides conséquentes, c'est à dire que si une aide sollicite le cheval il faut obligatoirement obtenir une réaction sous peine de diminuer son attention au stimulus et donc sa finesse aux aides. Pas de mains pour empêcher d'accélérer et pas de jambes pour empêcher de ralentir.

- Conscience, le cavalier doit être conscient à tout moment de l'utilisation de son corps afin de ne pas avoir de dissymétrie ou de sollicitations ou pressions involontaires.

 

Tout celà est magnifiquement illustré par Edward Gal ici.

 

2 - Réflexion...Lorsque j'ai commencé à enseigné, il y a maintenant longtemps : )  j'avais appris une technique, celle qui est enseignée à Saumur, j'étais sûre de moi, mon avis était très clair et très tranché et je n'avais aucun doûte. Tout ce qui sortait visuellement de mes certitudes était forcément faux. J'avais un avis facilement très négatif sur tous les cavaliers qui ne montaient pas tel que j'enseignait et condamnait sans autre procès toute autre méthode.

Et puis, plus je me suis formée, plus j'ai douté, plus je vois la multitude des solutions possibles, plus je vois à quel point il est dommage de s'enfermer dans une idée précise, si riche est ce que chacun peut apporter.

Un petit exemple tout bête.

Pour la position du cavalier, pendant des années et des années, j'avais un point de repère précis et de bonnes sensations avec cette position. " Pas de pli  au niveau des vêtements du plexus aux hanches en passant par le nombril" . ça voulait dire que le cavalier devait tenir son dos, ouvrir ses épaules, dégager son sternum... J'arrive en Hollande... et... Badaboum ! Excellentes sensations en faisant le contraire. Epaules un peu rondes, rein voussé, ventre rentré...

Si j'avais croisé Edward Gal sur un terrain d'entrainement lorsque j'ai commencé, avec sa position atypique, j'aurai certainement considéré qu'il avait une mauvaise position. Je n'aurai pas cherché à en comprendre la raison.

Maintenant, je ne cherche plus à formater les cavaliers tous de la même façon. Je peux me servir de la position traditionnelle de Saumur, comme de celle de Hollande et enseigner l'une ou l'autre selon ce qui est utile à ce moment pour le couple. Je perçois l'utilité des deux.

 

Je pense qu'il est utile de collectionner divers outils, différentes façons de faire, qui permettront de varier les solutions que l'on peut apporter. Il faut chercher ce qui est utile et efficace chez chacun.

c'est d'ailleurs quelque chose que j'apprécie quand je vais en Hollande. Ils évoluent continuellement, ils ne sont pas figés, ils tirent les leçons de tout ce qu'ils voient, tous les cavaliers qu'ils observent, toutes les réflexions des juges, et font évoluer leur enseignement et leur façon de faire de stage en stage.

 

Lydie.k