En cours de stage ...

Comme je n’ai pas les outils ici pour traiter des vidéos, je vais reprendre et surtout finir mes traductions des 10 phases d’entrainement de la méthode de la famille Bartels.

Mais avant cela, quelques réflexions qui ont été les miennes cette semaine lors de ce nouveau stage à l’académie Bartels.

Je l’ai toujours dit et toujours pensé, mais j’en ai eu encore quelques exemples cette semaine : Il ne faut pas se fier aux apparences.
Les apparences sur les niveaux techniques des cavaliers tout d’abord. Très difficile d’évaluer le niveau de quelqu’un uniquement en le voyant monter.
Un exemple frappant cette semaine, une cavalière australienne est en stage à l’académie Bartels depuis 3 semaines. Je l’ai vue monter, elle monte correctement, proprement, comme tout le monde ici. Son cheval est normal, ni en dessous de la moyenne de ce que j’ai l’habitude de voir, ni au dessus…Une cavalière moyenne avec un cheval moyen à première vue… Surprise ! En visitant les écuries Imke nous présente le cheval de cette cavalière - qui a ses qualifications pour les JO - C’est une cavalière qui est ici en attente du choix définitif de sa fédération car ils ont 3 places pour 8 cavaliers. C’est donc très loin d’être une cavalière moyenne, simplement, si on ne la voit pas faire les mouvements du grand tour, et qu’elle fait juste le travail de base de son cheval, on ne se rend pas compte de ses compétences.

Autre petite réflexion, nous ne pouvons absolument pas faire confiance à notre œil. Il nous trahi sans cesse. Il est bien trop connecté à notre cerveau pour que puissions le croire sans nous poser de questions. Il ne voit qu’à travers les filtres de notre conscience et nous aide à voir ce que l’on veut bien voir. Si l’on montre à quelqu’un une face de cube rouge, cette personne dira - c’est un cube rouge - si la face opposée est verte, la personne d’en face dira - c’est un cube vert - et ils n’auront ni tout à fait raison, ni tout à fait tort…
La personne qui ne se fie pas aux apparences aurait dit : la face que je vois est rouge…
Il en est de même pour ce que l’on voit lorsqu’on regarde travailler un cheval, monter un cavalier, et il est absolument indispensable de se poser des questions, et même mieux, si possible de poser des questions au cavalier, pour savoir si l’on traite une image de la bonne façon. Tous les gens qui font des stages de juges ont certainement été confrontés à cet effet -d’optique- ou on voit une grosse faute dans une figure, on sanctionne donc cette faute, très sûr de soi, et à la restitution vidéo, après explication des qualités de la figure par le juge de référence, on se rend compte finalement que ce n’était qu’un petit accroc, par exemple un cheval qui trébuche une fraction de seconde alors que notre esprit nous avait montré une ou deux foulées de galop dans cette figure au trot.
Cette semaine, j’ai eu la chance d’être en stage en Hollande en même temps qu’une cavalière Suisse qui ose poser les bonnes questions, et on s’est rendus compte que l’on avait souvent une mauvaise interprétation de ce que l’on voyait et que notre vision était très différente après explications…
C’était très enrichissant.
Cette semaine, je me suis aussi davantage rendue compte de la capacité de réflexion et de réaction de tous les intervenants. On pourrait avoir l’impression que les cours de théorie par exemple peuvent être répétitifs, le physiothérapeute, la psychologie du sport…Ou que au bout du 6ème stage, au moins dans les consignes on ne va rien entendre de nouveau, même s’il faudra beaucoup de temps pour maitriser techniquement ce que l’on a compris…
Mais non, entre temps tous les intervenants ont continué à évoluer, ils ont des choses nouvelles à dire, sont plus précis ou profonds dans leurs explications, ont de nouvelles solutions pour tel ou tel problème…C’est ce qui est rassurant ici pour moi. Je vois qu’ils ne sont enfermés dans aucune conviction, sourds à aucune discussion et qu’ils vont s’enrichir de l’expérience de chacun pour…nous en faire profiter !
Donc le leitmotiv de ce stage a été : des solutions variées pour des chevaux variés.
Le physiothérapeute a insisté sur la prise en compte des particularités physiques de chaque cheval, Joep a insisté sur le fait que cha
Que cavalier aussi était différent et devait se préparer mentalement et physiquement selon son profil, Imke a expliqué comment elle gérait l’entrainement de chevaux aussi différents que Toots et sunrise, et nous a invités à varier les solutions, les attitudes, le rythme de travail… rien ne doit être figé.
Pour mettre en place leur méthode, pour la faire évoluer, les Bartels passent leur temps à observer les meilleurs. Les meilleurs en dressage bien sur, mais aussi ceux des autres disciplines et activités équestres, les meilleurs entraineurs d’autres sports, tout est bon pour réfléchir et observer les similitudes mais aussi les individualités, comme Roger Yves Bost par exemple, qui gagne mais ne ressemble à personne.
C’est cette ouverture d’esprit également qui leur permet d’être tolérants.
D’ailleurs, finalement, tous les très bons cavaliers que je connais, les pointures mondiales, en obstacle ,en dressage , en équitation éthologique, en spectacle équestre…tous ces grands sont terriblement simples et humbles. C’est quelque chose qui me frappe toujours.
Ceux là ne jugent pas, parlent avec la même passion à un débutant et à un cavalier professionnel, sont ouverts sur les autres disciplines. Je n’ai pas encore vu de gens méprisants ou hermétiques chez ces cavaliers. Il en existe probablement mais je ne les ai pas rencontrés…
Et force est de constater pour l’instant que les gens qui polémiquent sur les vidéos que je mets sur you tube sont loin d’être des cavaliers à qui on a envie de ressembler. Ils n’ont pas peur des paradoxes lorsqu’ils critiquent de façon très dure et non argumentée des cavaliers qui présentent des chevaux réguliers, actifs et relâchés alors que leurs propres vidéos sur le même site montre des chevaux creux, contractés et dissymétriques.
Alors je me pose une question. Est-ce que ces cavaliers sont ainsi hermétiques, rigides et méprisants parce qu’ils n’ont pas atteint cette maturité technique qui leur permettrai d’avoir un esprit plus ouvert et de se rendre compte que ce n’est pas si simple ?
Ou au contraire n’évoluent’ ils pas parce que leur fermeture d’esprit les empêche d’explorer et de progresser ?
Je n’ai aucune réponse à cette question…Il faut dire que j’ai la chance je crois de ne pas connaitre réellement des gens fermés de cette façon.


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On a discuté très ouvertement de la polémique vis-à-vis du LDR et de la rollkur à l’académie Bartels.
Tineke nous a dit qu’au début ça l’avait affectée, mais qu’elle pensait vraiment très sincèrement qu’ils faisaient du bien à leurs chevaux, et qu’ils leurs protégeaient le dos ainsi. Maintenant elle est habituée à la critique et fait la différence entre les critiques constructives et les critiques aveugles.
Joep nous a aussi raconté les interactions de plus en plus fréquentes avec des entraineurs de tous pays, même de l’Allemagne depuis peu. Il comprend tout à fait que les gens soient méfiants, se posent des questions, mais il ne comprend pas les gens qui critiquent sans être venus voir eux même. Son message est le suivant : Venez voir, posez des questions, observez, cherchez à comprendre, et après vous pourrez dire je suis d’accord ou ça ne m’a pas plu …
C’est exactement ce que j’étais venue faire la première fois. Voir pour comprendre. J’ai compris ce qu’ils recherchent, dans quelles conditions ils le font, j’adhère totalement à cette vision, ce qui ne veut pas dire que je serais d’accord avec toutes les versions de la méthode, car tout le monde ne la pratique pas avec la même finesse et les mêmes précautions.

Mais il est vrai que chacun avant de se prononcer devrait s'assurer qu'il a d'abord réellement compris, qu'il a posé les bonnes questions et qu'il a écouté vraiment les réponses.

Cela entraine en général des attitudes de prudence, nuancées, loin de l'extrêmisme qu'on constate souvent actuellement.

aucun extrême ne saurait être bon pour tous les chevaux et tous les cavaliers, donc : observons, réfléchissons, nuançons, diversifions nos sources et nos outils, pour nos chevaux, pour la richesse de la technique et pour le sport.

 

Lydie.k 25/03/2012