Expérience...

2 Beaucoup beaucoup beaucoup d'amateurs fusillent jarrets ou dos de leurs chevaux en pensant bien faire, et ils viennent là critiquer des cavaliers qui essayent de relever le challenge de rendre les chevaux puissants, expressifs, pétillants mais pas regardants, qu'ils utilisent force et souplesse au maximum mais sans se faire mal, et là, il y a un moment où tant qu'on essaye pas , on ne peut pas comprendre quelles sont les difficultés ou les enjeux. Beaucoup de gens montent des chevaux qui ont une amplitude et une énergie moindre, et, parce qu'ils n'en ont jamais eu l'occasion pensent que s'ils montent un cheval plus talentueux, ils vont avoir de meilleurs résultats. Ceux qui ont la chance de monter un jour un tel cheval et surtout de le dresser, se rendent mieux compte de la précision, souplesse, diplomatie que demandent ces chevaux qui ont plus de locomotion. Chaque cheval ou presque nous renvoie au stade de quasi débutant. Style, j'ai un selle français, j'ai des résultats avec, il est limité, donc je mets des sous de côté et j'achète un Hollandais de 3 ans. Changement de monde, je commence à me faire peur réellement, je suis débordée, trop trop d'énergie, de mobilité, je n'ai pas la technique pour contrôler ça, pourtant le cheval est neuf, aucun passif. Je ne m'entendrait jamais avec et il se tuera en faisant le zouave en liberté à 7 ans. j'achète un Wolkentanz en choisissant un que je me sens de gérer, pas la plus belle locomotion mais où je me dis que s'il fait un écart je n'en ai pas peur (je suis maintenant terrorisée sur tous les chevaux alors que je n'avais jamais eu peur avant). J'en ai un peu moins peur, mais , alors que j'aime une équitation sans main, ce cheval ne veut que avancer, avancer, avancer, et quelques soient les solutions que je cherche je suis toujours pleins bras à moins de le laisser à 2 à l'heure avec un dos creux , ce qui le met très vite rétif (et oui, on est beaucoup à penser qu'on peut régler les problèmes en enlevant de l'énergie, alors qu'on ne peut les régler qu'en avançant et en acceptant du contact qu'on gère après en le filtrant sur ce type de cheval). Je commencerai à avoir moins peur de lui quand il aura 8 ans (5 ans d'adaptation) mais pour ça il faudra aussi que je change ma technique, une technique classique telle que je la pratiquais avec bonheur jusque là ne convenant absolument pas). Nous irons ensemble en St Georges, mais je n'ai jamais pu totalement résoudre les difficultés techniques posées. Je n'étais pas assez précise, pas assez souple, pas assez centrée, pas assez tonique, pas assez rigoureuse, pas assez constante, le cheval a été un peu gaché par rapport à sil avait rencontré un meilleur cavalier. Malgré tout des gens apprécient ma façon de monter et me confient des bons chevaux Allemands et Hollandais. Chacun m'a posé des difficultés sur des points que je pensais réglés et chacun s'est avéré un cas particulier. J'ai appris une chose : Il n'y a pas de chevaux talentueux et faciles, il y a des chevaux qui posent des problèmes différents qu'on est en mesure ou non de résoudre.